LA RELIGION

Les croyances étant un moyen d’unification de l’Empire, les Incas avaient officialisé leurs propres mythes, acceptant par contre les dieux des peuples conquis. Toutefois, selon Garcilaso, ils ont toujours demandé à ces peuples d’adopter le Soleil comme divinité suprême.

Du Qorikancha partaient 41 ou 42 lignes imaginaires, les ceques, le long desquelles se regroupaient des sanctuaires ou wak’a (huaca) dont le soin était à la charge des ayllu ou des panaqa. Ces ceques étaient distribués selon la répartition des suyu qui divisaient la ville. Ce système de huacas a été dénommé le Système de Ceques de Cuzco, constituant le système d’adoratoires le plus complexe des cultures du Nouveau Monde.

On ne peut reconstruire avec certitude de nombreux éléments de la religion ancienne, à cause de l’intolérance religieuse des conquistadores espagnols. Le Soleil était-il la principale divinité indigène ? Nous citerons le Manuscrit de Huarochiri du XVIIème siècle, qui constitue peut-être la source de recherches la plus importante concernant la religion ancienne  « On dit que quand les Incas se trouvaient sur les hautes terres, sur le Titicaca, ils adoraient le Soleil, en disant : ‘C’est lui qui nous anime et qui nous donne la force’, mais quand ils se trouvaient sur les terres basses, ils adoraient Pachakamaq (…). Ils adoraient seulement ces deux huacas par-dessus toutes les autres, les enrichissant et les embellissant avec des offrandes en or et en argent ».

Pour Garcilaso, le nom quechua de Dieu fut « Pachakamaq » (important dieu de la Côte dont la huaca principale est au sud de Lima). Dans le manuscrit quechua de Huarochiri, l’Inca apparaît, demandant de l’aide à différents dieux pour vaincre ses ennemis. Pachakamaq répond à l’Inka : Oh, Inga Soleil, puisque je fais trembler la terre, il vaut mieux que je ne parle pas. Je peux exterminer tes ennemis, mais en même temps je t’exterminerais toi aussi et le monde entier. C’est pour cela que je préfère me taire. Pachakamaq est jusqu’à nos jours incarné dans le Christ des Tremblements de Terre, la divinité qui a le pouvoir de calmer les mouvements telluriques. Le Christ des Tremblements de Terre est la figure chrétienne la plus vénérée dans le Cuzco actuel (sa statue se trouve dans la Cathédrale et il sort en procession tous les Lundi Saints).

Wiraqocha a été un héros culturel qui apparaît en train de châtier les peuples qui ne se sont pas occupés de lui quand il s’est présenté comme un mendiant. L’un de ses enseignements serait le commandement très vivace chez les indigènes d’aujourd’hui de se montrer hospitalier envers les pauvres. C’est peut-être à cause de ce caractère chrétien que de nombreux chroniqueurs (Juan de Santa Cruz Pachakuteq, par exemple) ont dit que Wiraqocha était le Dieu « créateur » chrétien que les indigènes sont arrivés à connaître.

En plus du Soleil et de Pachakamaq, on adorait le Foudre, l’Arc-en-Ciel, la Lune, sœur et épouse d’Inti, les Etoiles. D’autres divinités furent les sommets des montagnes ou Apus, dieux tutélaires, dont le culte se trouve actuellement associé à celui de la Pachamama, source de vie et de fécondité. A ces huacas aussi on pouvait offrir des vies. Nous ferons allusion ici à une momie enterrée sous la neige, découverte en 1995 sur le volcan Ampato (6309 m. Arequipa). Juanita avait entre 12 et 14 ans quand elle dut entreprendre le voyage de Cuzco à Arequipa pour être immolée aux dieux.

Chaque année, on sortait les momies des Incas défunts et on les promenait dans la ville. On dit, de nos jours, que la fête du Corpus Christi du Cuzco est, au moins en partie, une remémoration de cette fête, où les Saints, au lieu des huacas, se promènent dans toute la ville.

Actuellement, on fait le rituel du despacho ou pago, qui est une offrande aux Apus ou à la Pachamama, ce qui probablement s’est aussi fait anciennement. Le paqo (chamán), chargé de mener à terme la cérémonie, place sur une étoffe aux couleurs éteintes plusieurs éléments des trois niveaux écologiques : maïs, fœtus de lama ou de cuy (cochon d’Inde), fleurs de cantuta, coquilles marines, wayruros (graines de la forêt), sans oublier les k’intu de coca, groupes de trois feuilles de coca placées les pointes vers le haut. Après, le paqo laisse tomber quelques gouttes de chicha au-dessus du despacho, demandant à l’assistance de brûler l’ensemble au lever du jour le lendemain, face à l’est, en pensant à l’Apu vénéré ou à la Pachamama.


Addresse: Saphy Nº 848 Cusco-Perú Telephone: 0051-84-227561 / 0051-84-227561 Fax:  0051-84-235588
Email: hotel@andenesdesaphi.com
            www.andenesdesaphi.com